Deux films · Une histoire

Holocènesuivi deL'Arche

James Bond 26 & 27 · tournés dos à dos

Un milliardaire de 86 ans, adoré de la planète entière, a décidé de rendre la Terre à tout ce qui n'est pas nous. En face : un 007 de 34 ans, à sa première vraie mission.

L'intrigue en bref. Après un assassinat à Madagascar, Bond découvre qu'Elias Thorne, héros écologique adulé, prépare quelque chose avec ses quarante mille drones de reforestation. Suspendu par M, il le traque de Lisbonne à Monaco, puis jusqu'à son arche cachée dans les glaces du Svalbard, avec l'aide de la CIA, d'une mycologue repentie et de quelques fidèles du MI6.

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RéalisationDenis Villeneuve
ImageRoger Deakins
MusiqueThomas Newman
Holocène
L'Arche

Film 1

Holocène

Madagascar · Londres · Lisbonne · Reykjavík · Monaco · Patagonie

Première mission de James Bond avec le matricule 007. En plein midi, sur les hautes terres de Madagascar, Bond, 34 ans, suit son instructeur Marc Delaunay sur un train de brousse qui roule vers une station cachée. Sur les toits, il court, il se bat, il rit presque ; dans un wagon glacé, ils découvrent des cuves de mycélium marquées DÉLUGE — LOT 11 et une mappemonde de 40 000 points lumineux. Delaunay comprend : « Ce n'est pas une arme. C'est un calendrier. » Un essaim de drones coupe le train en deux sur un viaduc. Une tireuse, Saskia Vey, l'abat à huit cents mètres, dans la chaleur, et Delaunay lui glisse une clé USB et un mot, « Svalbard », avant de mourir. Bond saute dans la rivière en crue.

Suspendu par M, Bond est aidé en cachette par Moneypenny et Q (qui lui prête une montre qui détecte le vivant sans jamais se connecter). La clé de Delaunay contient un registre : douze décès « accidentels » en quatorze mois, tous ingénieurs d'Holocène, tous assurés par la même police signée à Zurich. À Lisbonne, en plein soleil, il poursuit le seul témoin, Duarte Pinho, en tram 28, sur les toits et dans le funiculaire de la Glória. Pinho meurt en lui confiant une sacoche et un conseil : « Ne courez pas. »

À Reykjavík, Felix Leiter, de la CIA, l'attend pour la « Forêt de lumière », le grand spectacle d'Elias Thorne : une forêt de lasers verts qui pousse du sol au plafond. Vey, en régie, en fait une arme : un rayon se fixe sur la poitrine de Leiter, et la fusillade se joue dans cette lumière. Bond y rencontre Ines Halvorsen, la mycologue qui a fabriqué le lot 11 : Déluge ne touche que les humains, les spores tiennent soixante heures dans l'air froid, et les quarante mille drones de reforestation n'ont qu'à faire ce pour quoi ils ont été conçus : semer. Dans un champ de lave, Teodor Lisk traverse les fumerolles sans sentir la chaleur ; une cabane près d'un geyser, un fil de pêche et une pomme volée racontent la seule tendresse du film.

À Monaco, pendant la régate, Thorne dévoile sa forêt flottante : quatre mille drones qui plantent des palétuviers en pluie sur la baie. Bond, poursuivi par Lisk, traverse la rade en hors-bord, saute de voilier en voilier et tombe à l'eau avec lui. Le soir, autour d'une table de bridge, Thorne dit sa vision : « Une démission de l'espèce. » Ines trouve le manifeste de l'Arche : cinquante mille noms, dont le sien ; Thorne laisse échapper un faux numéro de lot, Bond le corrige par réflexe, et tout bascule. Il se réveille en Patagonie, prisonnier d'une centrale hydroélectrique, face à un vieillard qui lui explique tout.

Bond s'évade avec l'aide d'Ines. Au matin, ils fuient sur la crête d'un barrage sous les balles d'un hélicoptère, puis descendent la face de béton en rappel, avec Lisk à leurs trousses. Dans la salle des turbines, Lisk met le feu : « Le feu ne m'a pas tué la première fois. » Bond déclenche l'extinction au CO₂ : « Le feu, non. L'air, peut-être. » Les flammes s'écrasent d'un coup, Lisk s'effondre à genoux, étouffé, sans aucune musique. Sur la piste, Vey les tient en joue ; Ines choisit de monter à bord du jet de Thorne, le pendentif au cou, pour entrer dans l'Arche. Il reste cinquante-neuf heures et quarante et une minutes. Au téléphone, Bond avoue à M : « Je suis allé trop vite. »

Scène 04 VIADUC · JOUR
Scène 08 CLUB DE PALL MALL · BIBLIOTHÈQUE · SOIR
Scène 09 ATELIER DE Q · NUIT
Scène 10 LISBONNE · ALFAMA, MARCHÉ AUX PUCES · JOUR
Scène 11 LISBONNE · ÉLÉTRICO 28 · POURSUITE · JOUR
Scène 12 LISBONNE · ELEVADOR DA GLÓRIA · JOUR
Scène 15 SALLE DE CONCERT · « FORÊT DE LUMIÈRE » · NUIT
Scène 16 APPARTEMENT D'INES, REYKJAVÍK · NUIT
Scène 17 CHAMP DE LAVE ET CENTRALE GÉOTHERMIQUE · JOUR
Scène 18 CABANE PRÈS D'UN GEYSER · SOIR
Scène 22 VILLA · SALON DE JEU · SOIR
Scène 23 VILLA · BUREAU À L'ÉTAGE · CONTINU
Scène 24 VILLA · SERRE · NUIT
Scène 25 VILLA · COULOIR DE SERVICE · CONTINU
Scène 26 ANCIENNE CENTRALE HYDROÉLECTRIQUE · SALLE DES MACHINES · JOUR
Scène 27 CENTRALE · CELLULE TECHNIQUE · NUIT
Scène 28 BARRAGE DE PATAGONIE · AUBE · JOUR
Scène 29 CENTRALE · SALLE DES TURBINES · JOUR
Scène 30 CENTRALE · PISTE · AUBE
Scène 31 MI6 · BUREAU DE M · JOUR
« On appelle ça un génocide quand on choisit qui meurt. Moi, je ne choisis personne. C'est l'inverse d'un génocide : c'est une démission de l'espèce. »Thorne — table de bridge, Monaco

Film 2

L'Arche

Londres · Zurich · Kiruna · Svalbard, soleil de minuit

Révoqué, sans arme et sans service, Bond traque Thorne jusqu'à une réserve creusée dans la glace du Svalbard, officiellement réserve de biodiversité privée, inspectée et validée par trois agences de l'ONU. Oslo ne bougera pas. Leiter, Moneypenny et Q l'aident malgré tout, en cachette. À Zurich, dans un coffre de la Fondation de l'Arche, Bond et Leiter (une jambe en plâtre, une béquille qui sert d'arme) trouvent la preuve : cinquante mille « lits d'hôte » et une ligne « Exploitation : dormeurs ». Une course-poursuite en camion de plants de pin sur l'autoroute et une nuit de train plus tard, Leiter décide d'aller jusqu'au bout.

À Kiruna, Bond rencontre la sœur aînée de Vey : trois cents rennes morts en deux hivers, un père qui s'est pendu, un Américain venu promettre de réparer le monde. Vey fait suivre Bond dans la grande mine de fer : camions de cinquante tonnes dans les galeries, sirène, et un tir de mine à quinze heures pile, que Brita lui a annoncé. Dans la neige, Bond s'entraîne à ne rien faire. Moneypenny a posé ses congés pour lui trouver un avion.

Fin avril, au Svalbard, le soleil ne se couche plus. Pour la « journée portes ouvertes » de l'Arche, Leiter entre comme observateur américain et Bond comme son assistant. Sous la galerie de semences s'étendent vingt mille mètres carrés interdits : les dortoirs cryogéniques, où cinquante mille adultes dorment. Les alarmes se déclenchent. Leiter tient la porte. Bond et Ines fuient sur le glacier en motoneige, sautent des crevasses, tandis qu'une déléguée de l'ONU tient tête à six gardes armés devant l'atrium, caméras braquées sur elle.

Comment meurt Saskia Vey. Leur duel se joue sur le glacier, en plein jour, pendant onze minutes sans une note de musique, deux fusils et un soleil rasant qui ne laisse aucune ombre. Bond ne la bat pas par la vitesse : il s'enterre dans la neige et attend près de six minutes. Le froid gagne Vey, qui souffle sur ses doigts et finit par se redresser pour reprendre l'angle, le geste même que Bond aurait fait une semaine plus tôt. Le soleil accroche sa lunette, Bond tire une fois. Elle tombe dans une crevasse, vivante, le bassin brisé. Il lui descend une corde. Elle demande pourquoi, rit, puis lâche la corde : « Alors il aura gagné quelque chose. »

Seul avec Thorne, qui a quatre-vingt-six ans et six mois à vivre, Bond n'a pas de combat à mener, seulement une conversation. Thorne lance la dispersion : les drones décollent à Lagos, à Jakarta, à São Paulo. Mais deux niveaux plus bas, Ines pousse le contre-code à 100 % avec la clé que Leiter lui a glissée, et les drones répandent le fongicide : il neige du blanc sur les villes, en plein midi, et ce blanc ne tue personne. Un seul danger demeure : la réaction fait monter la pression de la cuve où dort encore le lot 11. Seule Ines sait où est la vanne, et elle sait aussi qu'elle ne peut pas tout sauver.

Trois niveaux plus bas, Ines pose son pendentif contre le caisson de Margit, 74 ans, institutrice, puis tourne à la force du corps la vanne qui détourne l'explosion vers le haut. Elle ne remonte pas. La cuve saute loin des dormeurs et fend le sol de la suite, qui bascule dans le vide, trois cents mètres au-dessus du fjord. Bond se rattrape d'une main et, de l'autre, attrape le poignet de Thorne. « Donnez-moi votre autre main. » Thorne ne la lève pas. Il essaie vraiment de le sauver. C'est le poids qui décide : Thorne tombe sans un cri, et Bond tombe à son tour, droit sur la lame d'une dameuse que Leiter vient de lancer à travers la verrière de l'atrium. Il attend devant la porte de secours, mais Ines n'en sortira pas. Le circuit de froid du secteur 7 a lâché : six mille deux cent quatorze dormeurs ne se réveilleront pas, et Bond, qui ne peut plus rien pour eux, descend lire leurs noms à voix basse. Dans l'hôpital de Longyearbyen, une vieille femme ouvre les yeux, une spirale d'argent dans la main, et demande où est la dame qui chante mal.

Le film se clôt à Londres : M lui rend son matricule (« Revenez avec moins de cicatrices »), Q lui fabrique une autre montre, Moneypenny lui tend la note de frais d'un hangar (remboursement : un déjeuner), Bond dépose une fleur sur la tombe de Delaunay. Et, au démarrage de l'Aston Martin, le thème de James Bond entre en entier, pour la première et unique fois des deux films.

Scène 03 MI6 · BUREAU DE M · JOUR
Scène 05 BAR DE DOCKS, LONDRES · NUIT
Scène 08 ZOLLFREILAGER · COFFRES · JOUR
Scène 09 ZURICH · AUTOROUTE URBAINE · POURSUITE · JOUR
Scène 10 TRAIN POUR STOCKHOLM · COUCHETTE · SOIR
Scène 11 KIRUNA, LAPONIE SUÉDOISE · JOUR
Scène 12 MINE DE KIRUNA · POURSUITE · JOUR
Scène 14 HANGAR, AÉRODROME D'ARVIDSJAUR · NUIT
Scène 15 FJORDS DU SVALBARD · VOL RASANT · JOUR
Scène 18 ARCHE · APPARTEMENTS DE THORNE · JOUR
Scène 20 ARCHE · DORTOIRS CRYOGÉNIQUES · JOUR
Scène 21 ARCHE · SALLE DES MACHINES · CONTINU
Scène 22 GLACIER · MOTONEIGES · JOUR
Scène 23 GLACIER · SOLEIL DE MINUIT · JOUR
Scène 26 ARCHE · PUITS DE SERVICE · JOUR
Scène 27 ARCHE · APPARTEMENTS DE THORNE · JOUR
Scène 28 ARCHE · SALLE DE CONTRÔLE · MONTAGE PARALLÈLE
Scène 29 SÃO PAULO · AVENUE PAULISTA · JOUR
Scène 31 ARCHE · NIVEAU −3, CUVES · CONTINU
Scène 32 ARCHE · GALERIE EFFONDRÉE · CONTINU
Scène 33 FALAISE DE L'ARCHE · JOUR
Scène 34 ARCHE · SECTEUR 7 · JOUR
Scène 35 HÔPITAL DE LONGYEARBYEN · JOUR
Scène 36 MI6 · BUREAU DE M · JOUR
Scène 39 CIMETIÈRE DU KENT · FIN D'APRÈS-MIDI
Scène 40 ROUTE DE CAMPAGNE · CRÉPUSCULE
« Et vous, monsieur Bond, à quoi servirez-vous, dans le monde que vous défendez ? »Thorne — salle de contrôle, sous la glace

Distribution

Casting rêvé. Aucun lien avec une production réelle.

Trois règles

Ce qui tient les deux films ensemble.

  1. Lumière

    Le soleil est un personnage

    Plus de la moitié des séquences se jouent en plein jour : un midi blanc à Madagascar, le soleil de Lisbonne, la régate de Monaco, le barrage de Patagonie, puis le soleil de minuit du Svalbard, qui supprime toute ombre. Quand la nuit vient, elle appartient au décor : les lasers de Reykjavík, un lustre à Monaco, les baies de serveurs en Patagonie. La lumière chaude est rationnée : tendresse, hôpital, et le tout dernier plan.

  2. Musique

    Le thème de Bond n'est joué qu'une fois

    Rationnée d'un bout à l'autre, jamais sur une mort. Le duel du glacier se joue en son direct seul : vent, tissu, respiration, culasse. Le thème, retenu pendant presque deux films, n'éclate en entier qu'au dernier plan, sur le démarrage de l'Aston Martin.

  3. Action

    Aucun gadget ne résout une scène

    La montre détecte, elle ne tue pas. Les grandes scènes d'action se jouent dans des lieux réels : un train sur un viaduc, le tram 28, une mine, un barrage, un glacier. Les trois adversaires meurent de l'environnement même de leur patron : le CO₂ de sa propre centrale, la glace de son propre glacier, la falaise de sa propre arche.

Pour les plus curieux

Lire le séquencier complet 71 séquences dialoguées, les deux films, plus les notes de production